







Les experts, les scientifiques, travaillent de façons de plus en plus performantes, dans des disciplines qui n’ont pas de connexion entre elles.
En résulte, une zone dangereuse pour la santé mentale. C’est un constat qui a plus de 10 ans :
Michel Hamon, docteur ès sciences, directeur honoraire de recherches de l’Inserm : En clair, le sujet humain (de même que l’animal) est une entité particulièrement intégrée, et la médecine d’aujourd’hui ne peut plus considérer qu’elle est la somme de fonctions organiques (quasi) indépendantes, chacune étant l’affaire de spécialistes, mais elle doit l’appréhender comme un ensemble de fonctions en étroites interactions réciproques et hypercomplexes. Le cerveau, qui régit les fonctions sensorielles, motrices, cognitives, psychiques…, joue à cet égard un rôle absolument essentiel, comme organe de réception d’informations externes et internes et de commande à visées externes et internes, et son examen clinique ne peut en aucun cas se limiter à l’organe lui-même (et encore moins à ce qu’il peut en transparaître au travers d’une expression verbale), mais devrait inclure l’évaluation des grandes fonctions (cardiovasculaires, endocrines, immunitaires, métaboliques, microbiotiques), dont les perturbations sont susceptibles de générer des désordres psychiques.
Antonio Damasio professeur de neurologie, de neuroscience et de psychologie. Il dirige l’institut du cerveau et de la créativité à l’Université de Californie a contribué à populariser cette idée : l’intelligence, la mémoire et tout ce que l’on met habituellement dans la sphère de fonctions intellectuelles supérieures est en connexion étroite avec les émotions, les passions, les pulsions. Le cortex ne peut fonctionner correctement sans le recours aux régions limbiques du cerveau, responsable des émotions.
Antonio Damasio a écrit : Il se pourrait que l’esprit humain soit d’une telle complexité qu’on ne puisse jamais complètement en rendre compte étant donné nos limitations intrinsèques. Peut-être même s’agit-il d’une entité qui ne relève pas de l’ordre de l’explicable mais de celui du mystère, car il nous faut s’efforcer de distinguer les questions pouvant légitimement être abordées par la science de celles qui ne nous seront jamais
En 2025 Yves Agid professeur émérite de neurologie et de biologie cellulaire : les dysfonctionnements cellulaires pour les maladies psychiatriques ne sont pas visibles lorsque l’on analyse le cerveau avec un microscope. Les cellules nerveuses ne sont pas détruites mais elles fonctionnent mal.
Les connaissances sur le cerveau sont encore limitées, d’où l’importance d’une recherche multidisciplinaire, avec son corollaire, l’éthique, afin de faire progresser la civilisation.
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