







La psychiatrie est une spécialité, les spécialistes de la Psychiatrie interviennent trop tôt ou trop tard. Il faut revisiter la psychiatrie comme une discipline médicale à part entière. Le sujet humain est une entité particulièrement intégrée et la médecine d’aujourd’hui ne peut plus considérer qu’il est la somme de fonctions organiques indépendantes, chacune étant l’affaire de spécialistes. Au contraire la médecine générale de premiers soins, doit l’appréhender comme un ensemble de fonctions en étroites interactions réciproques et hyper complexes. En d’autres termes, le cerveau, organe de la communication du sujet avec son environnement, est un organe dont on connaît de mieux en mieux l’organisation anatomique et fonctionnelle et les dysfonctionnements qui sous-tendent les pathologies psychiatriques.
Par ailleurs, de nombreux travaux ont démontré la réalité des interactions entre le cerveau et les grandes fonctions organiques « périphériques », en particulier les système immunitaires, cardiovasculaire, endocrinien, etc. De fait, il est désormais clairement établi par une abondante littérature scientifique concordante que des désordres du système immunitaire peuvent perturber les capacités psychiques et cognitives, et, réciproquement, que des troubles anxiodépressifs entrainent des dysrégulations immunitaires. D’autres exemples concernent les liens étroits entre les pathologies cardiovasculaires ou métaboliques (diabète entre autres) et la survenue comorbide de désordres psychiques.(Michel Hamon docteur es science directeur honoraire de l’Inserm) De ce fait, la consultation chez le psychiatre devrait systématiquement inclure une évaluation clinique, au moins autant voire plus approfondie que chez le généraliste.
La mise à l’écart des phénomènes mentaux par la biologie et la médecine occidentale par suite d’une vision cartésienne de l’homme, a entrainé deux grandes conséquences négatives. La première concerne le domaine de la science. La tentative de comprendre le fonctionnement mental en termes biologiques généraux a été retardée de plusieurs décennies. La seconde conséquence négative concerne le diagnostic et le traitement efficace des maladies humaines. Une conception faussée de l’organisme humain, combinée à l’inflation des connaissances et à une tendance accrue à la spécialisation, concoure à diminuer la qualité de la médecine actuelle plutôt qu’à l’augmenter.
Le public dans son ensemble n’a pas encore clairement compris que l’un des problèmes de la médecine occidentale est qu’elle a mis un fossé entre le corps et l’esprit. Antonio Damasio (l’erreur de Descartes)
A force de réduire en voulant simplifier nous avons appauvris la santé mentale, en rendant inexistante toute tentative de prévention et de soins primaires psychiques. Des savants, des sachants, bien sûr inconsciemment ont su, par des positionnements différents, avec des langages spécialisés et techniques, rendre inabordable Un Sens Commun du Psychisme. Ils ont favorisé la stigmatisation et les difficultés pour nous, familles, parents, qui demandons des réponses à des questionnements simples. Pourquoi tant de stigmatisation sur les sujets touchant santé mentale et psychiatrie ? La principale raison se trouve dans l’enchevêtrement pour la santé mentale des « sciences dures » et des sciences humaines pouvant être appelées « sciences molles » maillage complexe car le nombre de paramètres et d’interactions à prendre en compte sont de plus en plus nombreux. Plus la science est « molle », plus elle est difficile à étudier, rendant quasiment impossible des études générales significatives. Ce qui vient à poser la question : la Santé mentale résulte de fonctionnements neuronaux, particuliers cumulés et systémiques. La science de l’épigénétique nous fournit quelques réponses, dont vous comprendrez aisément les effets, même si nous ne sommes pas en mesure d’en comprendre toutes les subtilités scientifiques (lien avec l’épigénétique)
Antonio Damasio, Joseph LeDoux ils ont contribué à populariser cette idée : l’intelligence, la mémoire et tout ce que l’on met habituellement dans la sphère de fonctions intellectuelles supérieures est en connexion étroite avec les émotions, les passions, les pulsions. Le cortex ne peut fonctionner correctement sans le recours aux régions limbiques du cerveau, responsable des émotions.
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